BRUXELLES (EJP)---Une exposition sur la Ville blanche de Tel Aviv, dont l’annulation dans un premier temps au début de l’année en raison des événements de Gaza avait suscité des réactions indignées dans la communauté juive, ouvre ses portes ce mercredi à Bruxelles.
"La Ville blanche, le mouvement moderne à Tel Aviv" est organisée par le Centre International pour la Ville, l'Architecture et le Paysage (CIVA) en partenariat avec La Cambre Architecture.
La ville de Tel Aviv (colline du printemps en hébreu), cité fondée en 1909 sur les dunes du nord-est de Jaffa, a rejoint en 2003 les douze sites déjà inscrits dans la catégorie du Mouvement moderne.
Elle est née d'un projet d'aménagement urbain et de création architectural où se mêlent les influences du Mouvement moderne et les caractéristiques géographiques, culturelles et climatiques locales.
En juillet 2003, l'UNESCO a proclamé que la Ville blanche de Tel Aviv représentait le Mouvement Moderne et que le tissu urbain et historique unique de cette ville constituait un site du patrimoine de l'humanité. Par cette inscription, le monde entier a reconnu les qualités architecturales particulières des bâtiments, des rues, des squares et des avenues de Tel Aviv.
L'exposition du CIVA s’articule autour de trois axes :
- La trame urbaine et le plan de conservation des quartiers centraux de Tel Aviv
- Les influences européennes de l'époque sur l'architecture locale
- L'évolution du langage architectural local
Elle rassemble des documents souvent inédits - cartes, dessins, photographies, maquettes, vidéos et animations – décrivant l'essor de la ville et la construction de centaines d'édifices de style international ainsi que les portraits de 80 architectes.
Construite du début des années 1930 aux années 1950 suivant le plan d'urbanisme élaboré par Sir Patrick Geddes, Tel Aviv offre une illustration remarquable de synthèses diverses.
Formés dans les universités allemandes et ayant travaillé dans les cabinets d'architectures réputés en Europe, ses concepteurs fuyaient l'Allemagne nazie, plus généralement une Europe où se multiplient les régimes dictatoriaux.
Influencés par l'avant-garde (style Bauhaus), s'inspirant des cités-jardins anglaises, ils demeurent fidèles aux principes de l'urbanisme organique moderne tout en adaptant un style avant-gardiste européen, en y intégrant des données locales. Ils créent ainsi un style original et forgent l'identité d'une ville nouvelle.
Des immeubles de taille modeste
Ces architectes conçoivent des immeubles de taille modeste (quelques étages), constituant des quartiers de taille humaine. Entre 1931 et 1948, environ 4 000 immeubles à appartements sont édifiés avec comme caractéristiques une construction sur pilotis, les toits terrasses, les larges ouvertures de fenêtres, l'usage de matériaux nouveaux et le souci de la fonctionnalité.
La lumière éclatante de Tel Aviv est accrue par le crépi blanc des immeubles. Aussi, l'architecte marque un souci prononcé pour les espaces ombragés et frais.
Cette exposition rassemble des photos d'époque, souvent en noir et blanc, qui nous révèlent cette Ville blanche originelle, sans les transformations opérées dans la seconde moitié du 20ème siècle.
La Ville blanche, le mouvement moderne à Tel Aviv
Organisée par le CIVA en partenariat avec La Cambre Architecture
Du 1er avril 2009 au 31 mai 2009
Espace Architecture La Cambre, 19bis place Flagey à 1050 Bruxelles