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Un homme politique italien ‘anti-israélien’ futur ministre des Affaires étrangères de l’UE ?
Mis à jour: 15/novembre/2009 16:26
En tant qu'ex-communiste, le nom de Massimo D'Alema (photo) pourrait être rejeté par les pays de l'Est européen ayant vécu sous la férule soviétique.
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BRUXELLES (EJP)--- Un homme politique italien perçu comme "anti-israélien" et "plutôt anti-américain" apparaît comme le candidat socialiste le mieux placé pour obtenir le futur poste de ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne après la décision du Britannique David Miliband de se retirer de la compétition pour semble-t-il "rester" dans son pays en vue des élections législatives de 2010.

Massimo D'Alema, un ancien Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de gauche dans le gouvernement italien dirigé à l’époque par Romano Prodi, est soutenu par le groupe des socialistes et sociaux-démocrates européens.

Mais la désignation du Haut représentant européen pour les affaires étrangères dépend entièrement du choix du futur premier président de l'Union européenne, un poste créé par le traité de Lisbonne réformant l'UE et qui va entrer en vigueur le 1er décembre.

Jusqu’à présent, les 27 chefs d'État et de gouvernement de l’UE ont chaque semestre un nouveau président du Conseil qui passe d'un pays à l'autre. Avec le traité de Lisbonne, le Conseil européen aura un président permanent pour deux ans et demi, avec la possibilité d'un deuxième mandat.

La présidence suédoise actuelle de l'UE a convoqué un sommet extraordinaire jeudi prochain à Bruxelles pour choisir les deux postes censés donner un visage et une voix à l'Europe. Un choix qui s'avère beaucoup plus difficile que prévu.

Le Premier ministre suédois Frederik Reinfeldt a rencontré les 26 autres chefs de gouvernement européens cette semaine sans qu’aucun consensus ne se dégage.

Reinfeldt a l'intention d'avancer seulement un nom pour chaque poste lors du sommet de jeudi mais il n'a pas exclu de devoir en passer par un vote à la majorité qualifiée des Etats, voire même que d'autres personnalités que celles proposées par lui l'emportent au final, le 19 au soir.

Pour le poste de président de l'UE, les premiers ministres de Belgique et des Pays Bas, respectivement Herman Van Rompuy et Jan-Peter Balkenende, semblent être les candidats les mieux placés après le rejet par certains états de la candidature – non déclarée – de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, en raison de sa position pro-Bush pendant la guerre en Irak et du fait que la Grande-Bretagne n’a pas adopté l’euro ni rejoint la zone Schengen.

Les autres personnalités citées comprennent l'ancienne présidente le Lettonie, Vaira Vike-Frieberga, Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg et l’ancien Premier ministre finlandais Paavo Lipponen.

D'autres candidats potentiels pour le poste de ministre des Affaires étrangères de l'UE sont le commissaire européen à l'agrandissement Olli Rehn, le ministre des affaires étrangères de Suède, Carl Bildt et l'ancien commissaire européen anglais Peter Mandelson.

Gordon Brown continuerait à soutenir mordicus Tony Blair pour prendre la tête de l'UE, mais en dépit du soutien des sociaux démocrates européens à Massimo D’Alena, il n'est pas sûr si le Premier ministre britannique en tant que chef du Labour (le parti travailliste britannique) votera pour le candidat italien.

 
Dans le cadre des marchandages en cours pour les postes de premier plan de l'UE prévus par le traité de Lisbonne, la gauche européenne a quasiment l'assurance d'obtenir le poste de chef de la diplomatie, la droite ayant déjà ceux de présidents de la Commission et du Parlement, et revendiquant celui de président permanent du Conseil européen. Il revient au Premier ministre suédois, qui assure la présidence actuelle de l’UE, de trouver la formule magique pour contenter tout le monde en Europe, en tenant compte des différents équilibres "gauche-droite, +petits+ et +grands+ pays, Est-Ouest, Nord-Sud, homme-femme".

D'Alema, 60 ans, qui est membre du parti démocrate d'opposition de  gauche, dispose apparemment l’appui du Premier ministre italien Silvio Berlusconi. "Je ne vois émerger aucun autre candidat socialiste bénéficiant du même soutien que M. D'Alema", a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini.

D'Alema, ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2008 après la victoire électorale de la coalition de centre gauche de Romano Prodi, a été au centre de plusieurs polémiques avec la communauté juive italienne et l'ambassade de l'Israël à Rome en raison de ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien.

En tant que ministre des Affaires étrangères, "il n'a pas manqué une seule occasion pour critiquer Israël", avait déclaré à l’époque un leader de la communauté juive de Rome.

"A plusieurs occasions il s’est prononcé en faveur de discussions avec Hamas et le Hezbollah", selon Ricardo Pacifici.

En 2007, D'Alema a critiqué la communauté juive en déclarant: "Ce qui me frappe c’est que les secteurs les plus raisonnables de la politique israélienne ne sont pas soutenus de manière adéquate par le monde juif plus démocratique".

Selon le journal britannique The Guardian, l'ambassade d’Israël à Bruxelles aurait exprimé des objections à une possible nomination de D'Alema à la tête de la  politique extérieure européenne.

Par ailleurs, en tant qu'ex-communiste, son nom pourrait être rejeté par les pays de l'Est européen ayant vécu sous la férule soviétique.


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