JERUSALEM (AFP-EJP)---Une vingtaine d'enseignants venus du Maroc ont participé la semaine dernière à un séminaire à Jérusalem sur l'enseignement de la Shoah, une première pour l'institut Yad Vashem, organisatrice du séminaire, a-t-on appris mercredi auprès de l'institut.
"Nous sommes berbères et nous avons une histoire commune avec le peuple juif que nous voulons mieux connaître", a expliqué l'organisateur marocain de la visite, Boubaker Ouaatadit, un enseignant de 33 ans, professeur d'allemand à Casablanca, avant son retour au Maroc.
Arrivé via la Turquie, pays qui a des relations diplomatiques avec Israël, ce groupe de Marocains a suivi un séminaire d'une semaine dans le cadre de l'école internationale d'enseignement de la Shoah au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem.
C'est la première fois qu'un groupe de cette taille en provenance d'un pays arabe participait à ce séminaire.
Pour Dorit Nowak, la directrice de l'école de Yad Vashem, la visite d'une délégation d'un pays arabe était "capitale".
"Nous avons reçu des groupes de plus de 50 pays dans le monde mais cettefois, nous comprenons l'importance de notre mission, c'est-à-dire de favoriser le souvenir de la Shoah dans le monde entier", a-t-elle commenté.
En dehors du programme sur l'histoire de la Shoah et de rencontres avec des parlementaires israéliens d'origine marocaine, les participants à ce voyage ont assisté à des conférences sur la situation des juifs au Maroc pendant la Seconde Guerre mondiale et sur la communauté juive d'Albanie, où des musulmans ont sauvé des juifs pendant la Shoah.
La visite des enseignants berbères à l'institut Yad Vashem de Jérusalem a été rendue possible grâce aux efforts de l’association pour l’Amitié entre les Amazighs et les Juifs. Cette dernière existe depuis 2007 au Maroc.
Elle a pour objectif, le développement des relations entre Imazighene (les berbères) marocains et les juifs berbères vivant en Israël. Cette association qui a une vocation culturelle, politique et socio-économique, lutte contre l’antisémitisme et travaille à développer la culture Amazigh chez les juifs Amazighs de l’état Hébreu. Le comité de l’association se compose d’une vingtaine de membres résidants au Maroc.
L'association regroupe des avocats, des enseignants et des professeurs dont quelques un préfèrent garder l’anonymat...et autres militants activistes connus sur la scène Amazigh au Maroc comme Boubker Oudaàdid, Omar Zanifi, Brahim Amkraz, Brahim Lakhsasi...
Du coté israélien on peut citer aussi Dr. Bruce Weitzman, le chercheur Moshé Benarouch et la journaliste Mira Africh. L’association tente de réaliser ses objectifs à travers l’encouragement des échanges culturels et économiques entre les Amazighs et les Juifs.
"Nous organisons plus de soixante séminaires de ce type chaque année mais enseigner la Shoah à des habitants d'un pays musulman est un événement important pour notre école", a affirmé Mme Novak.