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Au dîner du CRIF, Richard Prasquier parle de Liberté, Egalité, Fraternité
Il a dénoncé le fait qu’on essaye de retourner la Shoah comme une arme contre Israël et contre les Juifs.
Mis à jour: 03/février/2010 21:56
Avant le dîner du CRIF mercredi soir: Richard Prasquier, Président du CRIF (gauche) en compagnie du Présdient Nicolas Sarkozy et de Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris.
Photo: Christophe Ena à Paris pour AFP Copyright 2010.
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PARIS (EJP)---S’adressant au Premier ministre François Fillon, Richard Prasquier, président du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France) a prononcé un discours très républicain en parlant de "Liberté, Egalité, Fraternité, trois mots très forts pour les Juifs de France, au cours du dîner annuel du Crif mercredi soir.

LE CRIF est l’organe représentatif politique de la communauté juive auprès des pouvoirs publics.   

Devant les quelque 800 convives participant à ce "grand rendez-vous républicain", il a évoqué la fraternité avec les sinistrés d'Haïti, la liberté et les libertés au sein des démocraties, l'égalité des droits des individus et des nations, rappelant l'histoire des Juifs dans la société française et ses épisodes douloureux, comme "les quelques années où l'Etat s'est déshonoré" faisant allusion au régime de Vichy.   

Il a affirmé qu’aujourd’hui, "l’islamisme radical est un danger pour les Juifs, pour les musulmans et pour nos sociétés"; "Les mouvements islamistes sont variés. Mais la haine d’Israël et des Juifs est un ciment efficace qui recouvre toutes les inimitiés", a-t-il dit.

Tout en saluant la liberté d'expression, il a regretté que l'Internet fût "un multiplicateur du racisme et de l'antisémitisme".

"Nous souhaitons que la politique pénale s’étende au racisme ordinaire sur Internet en faisant connaitre les condamnations, en améliorant la surveillance, en s’aidant de ces vigies que sont les associations anti-racistes. Nous pensons qu’il faut une véritable politique d’éducation à Internet à destination des jeunes", a-t-il dit.

Alors qu'on vient de commémorer la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, le président du CRIF s'est indigné du négationnisme et a refusé que le mot génocide fût employé au sujet des Palestiniens.

"Nous devons protéger les survivants que les négationnistes essaient d’humilier en mettant leur parole en doute. Nous devons garder la mémoire des victimes, dont ils veulent voler même la mort. Le négationnisme n’a rien à voir avec la liberté de la recherche, ce n’est pas une opinion, c’est une haine, c’est une justification du meurtre, c’est un nouvel appel au meurtre", a déclaré Richard Prasquier.

"Les minables qui en font leur fonds de commerce ne sont ni des historiens, ni  des humoristes, ce sont des antisémites", a-t-il ajouté.

Le président du CRIF a dénoncé le fait qu’on essaye de retourner la Shoah comme une arme contre Israël et contre les Juifs.

"Les survivants redoutaient que le crime soit minimisé, mais auraient-ils imaginé qu’il puisse être nié, inversé ou glorifié dans le monde forgé après la victoire?".

Parlant ensuite d'égalité, il a estimé qu'il n'y avait "pas de discriminations à l'encontre des Juifs de France, ni dans l'emploi, ni dans l'accès aux biens et services".    

Mais il a regretté que pût être mise en cause l'identité de personnes nées en France de parents naturalisés ou apatrides, qui doivent "prouver par leurs propres moyens que l'administration ne s'est pas trompée en conférant la nationalité française à leur parent".  

Le président du CRIF a aussi déploré les manifestations d'antisémitisme, comme le récente profanation de tombes au cimetière juif à Strasbourg Cronenbourg.  

"Je vais redire ce que j’ai dit tant de fois: la France n’est pas un pays antisémite, mais il y a de l’antisémitisme en France. Ceux qui ne quittent pas leurs beaux quartiers ne risquent pas de le ressentir. Mais parmi les Juifs qui n’ont pas cette chance, il en est qui le côtoient  quotidiennement".
Il a dit espérer que le jugement d'appel du meurtre d'Ilan Halimi, en octobre prochain, aurait lieu en public "pour que ce procès remplisse sa mission pédagogique" dans la lutte contre l'antisémitisme.   

Au nom du principe de l'égalité entre Israël et les autres nations du monde il a déploré qu'Israël fût "exclu de la francophonie alors qu'il contient tant de francophones".   

Il a ensuite dit le soutien du CRIF "à l'existence de deux Etats démocratiques et pluralistes: un Etat du peuple palestinien et un Etat du peuple juif", et son "attachement indéfectible aux lieux fondateurs de l'identité juive, notamment Jérusalem, capitale d'Israël".

Il a vivement déploré que "l'enseignement de la haine envers Israël se développe sans susciter de réactions", citant un sermon du vendredi diffusé par la télévision de l'Autorité palestinenne appelant à combattre les Juifs.   

Il a qualifié le CRIF de "quartier général de la lutte contre l’antisémitisme, contre l’antisémitisme  et contre le racisme, tous les racismes, toutes les xénophobies, toutes les formes d’exclusion et de discrimination".

Rappelant que le CRIF était le moyen pour la communauté juive de "faire entendre sa voix" il a insisté sur sa pluralité : "le CRIF n'est ni ashkénaze, ni sépharade, ni de droite, ni de gauche, ni réactionnaire, ni révolutionnaire, ni jacobin, ni girondin. Il est juif et fier de l'être, républicain et fier de l'être, français et fier de l'être".

 


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