PARIS (EJP)---Le Premier ministre François Fillon a dénoncé la récente profanation du carré juif du cimetière de Cronenbourg, près de Strasbourg, la qualifiant de "violence à caractère antisémite profondément révoltante et insupportable".
"Chaque fois que l’antisémitisme progresse, c’est la République qui recule", a-t-il dit dans un discours au cours du dîner annuel du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France.
Répondant à une inquiétude du président du CRIF, Richard Prasquier, le chef du gouvernement a affirmé qu'il "accorderait une attention très sévère au développement du racisme sur Internet".
"Je veux que la France soit à la pointe de cette dimension nouvelle de la lutte contre l'antisémitisme", a-t-il promis, rappelant la mise en oeuvre de nouvelles mesures déjà actées.
Soulignant que la France est "fière de compter parmi les pays amis d’Israël", François Fillon a également dénoncé le "scandaleux mouvement de boycott de produits cachers ou israéliens".
"La sécurité d'Israël est pour la France une priorité absolue" a dit M.
Fillon pour expliquer que Paris "partage pleinement la préoccupation d'Israël quant au développement du programme nucléaire iranien".
Mais la sécurité d'Israël "ne passe pas par autre chose que le chemin de la paix," a dit le Premier ministre qui a annoncé qu'il se rendra dans les prochains jours en visite en Syrie et en Jordanie.
A propos de l'Iran, il estime que le moment est venu d'agir et de prendre des "sanctions fortes" à l'ONU. "Le temps presse", a-t-il reconnu.
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La France va demander à l'ONU d'adopter une nouvelle résolution avec des sanctions fortes contre l'Iran. |
Evoquant l'assassinat d'Ilan Halimi, "première fois qu'un juif est tué en France parce qu'il est juif", il a rappelé que le procès des assassins à huis clos avait beaucoup "choqué". Dans la perspective du procès en appel, il s'est félicité de l'adoption mercredi par la commission des lois de l’Assemblée nationale d'une disposition législative "rendant désormais publics les débats dans le respect de la protection des droits des victimes et des mineurs".
Le Premier ministre a également fait allusion aux difficultés "blessantes, inadmissibles" de certains Français pour obtenir la délivrance ou le renouvellement d'une carte d'identité, autre problème soulevé par le CRIF.
"L'administration n'est pas là pour créer des contraintes de ce genre", a-t-il jugé rappelant que son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait "mis en oeuvre les moyens nécessaires pour prévenir ces difficultés".