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Richard Prasquier, Président du CRIF: "En Terre sainte, la politique est souvent très très proche : le passé et le présent interfèrent sans cesse". "On ne va pas se raconter d’histoires : la question du conflit israélo-palestinien domine".
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PARIS (EJP)--- Près de dix ans après la visite du Pape Jean-Paul II à Jérusalem, et un peu moins d’un an après celle de Benoît XVI, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) organise cette semaine une rencontre de deux jours entre juifs et chrétiens français en Israël.
L’objectif de cette rencontre, qui aura lieu à Tibériade et Jérusalem et réunira aussi des Israéliens, est de "présenter les acquis du dialogue en France et ainsi encourager le même mouvement en Israël", indique-t-on au CRIF.
Il vise aussi à partir des acquis du dialogue judéo-chrétien en France, à "tenter d’initier un mouvement semblable entre les différentes communautés en Israël".
Plusieurs phénomènes concordants ont poussé la commission chargée, au sein du CRIF des relations avec l’Église catholique et le monde chrétien à monter ce colloque: les contacts enrichissants noués par certains de ses membres avec des communautés chrétiennes locales, notamment le monastère bénédictin d’Abou Gosh.
Mais aussi les "questions posées par les déclarations plutôt hostiles à l’égard d’Israël de Mgr Michel Sabbah" (l’ancien patriarche latin de Jérusalem), indique Richard Prasquier, président du CRIF.
"Il y a, au fond, cette impression de deux mondes séparés, qui ne se connaissent pas", ajoute-t-il.
Pendant ces deux jours, juifs et chrétiens seront invités à "découvrir la réalité de l’autre", qu’il s’agisse de ses pratiques culturelles ou de sa vie quotidienne.
"En Terre sainte, la politique est souvent très très proche : le passé et le présent interfèrent sans cesse", reconnaît Richard Prasquier. "On ne va pas se raconter d’histoires : la question du conflit israélo-palestinien domine".
Le problème, particulièrement sensible, des Lieux saints, de leur statut et de leur accès, sera également abordé.
Philosophe et écrivain juif, impliqué de longue date dans les Amitiés judéo-chrétiennes de France, Armand Abécassis déclare même souhaiter que les discussions ne se cantonnent pas à la sphère religieuse. "Si l’on en reste au plan théologique, nous pourrons affirmer des principes très généreux mais qui ne descendront pas dans les relations entre Français et Israéliens, entre les chrétiens israéliens et le gouvernement israélien".
"Le fait que cette rencontre soit d’initiative juive est lui-même notable", souligne le Père Patrick Desbois, directeur du service national pour les relations avec le judaïsme de l’Église de France (SNRJ).
" On a longtemps dit que, dans le dialogue judéo-chrétien, le premier pas était toujours le fait des chrétiens. Aujourd’hui la plupart des demandes de rencontres ou d’interventions que nous enregistrons au SNRJ émane de communautés juives".