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Jérusalem: la reconstruction de la synagogue Hourva, ‘l'accomplissement d'un rêve’
Mis à jour: 15/mars/2010 23:22
L'inauguration de la synagogue de la Hourva, lundi est "l'accomplissement d'un rêve" pour Yishayahu Averbuch, qui vit depuis 35 ans en face de ce site historique.
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JERUSALEM (AFP)--- Des centaines de personnes ont participé lundi à l'inauguration de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite dans la Vieille ville de Jérusalem.
   

En présence de plusieurs milliers de policiers déployés par crainte de violences, l'inauguration s'est déroulée en début de soirée dans une ambiance festive, selon un photographe de l'AFP.
   

Le grand rabbin ashkénaze d'Israël, Yona Metzger, a fixé à l'entrée de la synagogue une "mezouza", un rouleau de parchemin contenant des versets de la Bible accroché à la porte des édifices juifs.
   

Le président de la Knesset (Parlement), Reuven Rivlin, des ministres et les grands rabbins d'Israël ont assisté à la cérémonie, présentée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou comme un message de coexistence entre les religions.   

"Nous permettons aux autres religions de conserver leurs lieux de cultes. Nous protégeons fièrement notre patrimoine, tout en permettant aux autres la liberté de culte", a-t-il dit dans un message diffusé pendant la cérémonie.

L'inauguration de la synagogue de la Hourva, lundi est l"l'accomplissement d'un rêve" pour Yishayahu Averbuch, qui vit depuis 35 ans en face de ce site historique.   

Arrivé d'Ukraine en 1971, Yishayahu (nom hébreu d'Isaïe), 67 ans, dit avoir vécu "toute sa vie pour voir la Hourva reconstruite".  

Son histoire personnelle remonte aux années 1950, quand sa grand-mère lui offrit un livre appartenant à son mari, un volume de l'Encyclopédie Judaïca parue en 16 tomes en langue russe en 1913.   

Dans cet ouvrage d'érudition, le chapitre consacré à Jérusalem marque profondément le jeune homme qui grandit dans un régime communiste interdisant aux Juifs de posséder des livres sur le judaïsme.   

Une photo de la synagogue de la Hourva, datant d'avant sa destruction en 1948, devient pour lui le symbole d'Israël et de son attachement au judaïsme.
   

"Je regardais cette photo sans cesse. Elle représentait pour moi Jérusalem et le rêve du retour du peuple juif sur sa terre", raconte à l'AFP M. Averbuch, installé dans sa maison dont les fenêtre donnent sur la façade de la Hourva.   

Cette synagogue, qui a été l'un des hauts lieux de culte des Juifs en Palestine avant la création de l'Etat d'Israël en 1948, a été reconstruite complètement, 62 ans après avoir été détruite par les Jordaniens.
   

Engagé dans le mouvement des "refuzniks", nom donné aux Juifs russes auxquels les autorités soviétiques refusaient de donner des visas pour émigrer en Israël, il est plusieurs fois emprisonné avant d'être autorisé à s'installer en Israël en 1971.
   

Il sera même reçu par les dirigeants de l'Etat hébreu et rencontrera David Ben Gourion, Moshé Dayan et Menahem Begin, souvenirs précieux dont les photos sont conservées dans un album.   

Le lendemain de son arrivée, il se rend au Mur des lamentations, lieu saint du judaïsme, et, armé de son livre, héritage de sa grand-mère, se met à la recherche de la synagogue.
   

Personne ne peut lui dire où elle se trouve, ayant été détruite en 1948 par les Jordaniens, après les combats de la première guerre israélo-arabe.   

Ce n'est qu'en 1975, quand il acquiert un appartement dans le quartier juif de la Vieille ville, qu'il comprend que la synagogue de ses rêves n'existe plus mais qu'il se trouve face au site où elle était érigée.
   

"La première nuit dans ma nouvelle maison, j'ai fait un rêve que je faisais enfant, où je rentrais dans la synagogue et je regardais vers l'extérieur, et cette nuit-là, j'ai vu ma maison, alors j'ai compris le miracle que j'avais vécu", raconte-t-il, la voix brisée par l'émotion.
   

"Cette reconstruction, c'est le symbole du miracle du peuple juif qui revient dans sa capitale éternelle, c'est l'accomplissement de mon rêve personnel mais aussi celui de générations de Juifs qui n'ont pas eu la chance de voir la Ville sainte se reconstruire", témoigne-t-il.
   

Par la fenêtre de sa chambre, dont les murs sont recouverts de photos de la Hourva, on peut voir la cérémonie d'inauguration qui accueille personnalités religieuses et politiques israéliennes.   

La reconstruction de la synagogue a coûté 62 millions de shekels (15 millions d'euros), dont une partie provient de la diaspora.
   

Le bâtiment neuf a été construit sur le modèle exact de l'ancienne synagogue.


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