 |
Karel De Gucht, Commissaire européen au commerce: "Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahou, n'est certainement pas une colombe et est en partie entouré de personnes qui jugent une solution impossible".
|
|
|
BRUXELLES (EJP)---Le Commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, s’est déclaré sceptique sur la reprise des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens à Washington.
"Je vois peu de raisons de penser qu'il y a cette fois-ci plus de chances de réussir", a déclaré l'ancien ministre belge des Affaires étrangères à la radio publique flamande VRT.
Les raisons de ce scepticisme sont doubles. M. De Gucht pointe d'une part les divisions entre Palestiniens et le fait que le Hamas, considéré comme un mouvement terroriste par Israël, n'est pas un partenaire valable de discussion pour ce dernier.
D'autre part, selon lui, la politique israélienne s'est "durcie" et "déplacée vers la droite".
"Le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahou, n'est certainement pas une colombe et est en partie entouré de personnes qui jugent une solution impossible", a dit Karel De Gucht.
Le maintien de l'Union européenne à l'écart des pourparlers ne gêne pas le commissaire européen. Dans ce dossier, "les seuls capables de jouer un rôle significatif sont les Etats-Unis", qui "peuvent faire pression sur Israël", affime-t-il.
"Il ne faut pas sous-estimer le lobby juif au Capitole (ndlr:le Congrès américain)", dit-il. C'est le groupe de pression le mieux organisé qui y existe. En d'autres termes, il ne faut pas sous-estimer l'emprise du lobby juif sur la politique américaine. Que ce soit dans le camp démocrate ou républicain, ça revient à peu près au même".
"Il ne faut pas non plus sous-estimer l'opinion du Juif moyen qui ne vit pas en Israël. Il y a en effet chez la plupart des Juifs une croyance - je pourrais difficilement décrire ceci autrement - qu'ils ont raison. Et une croyance est quelque chose qu'on peut difficilement combattre avec des arguments rationnels. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’ils soient religieux ou pas. Même les Juifs laïcs partagent la même croyance d'avoir effectivement raison. Il n'est donc pas facile, même avec un Juif modéré, d'avoir une discussion sur ce qui se passe au Moyen-Orient. C'est une question très émotionnelle."