NÎMES (AFP)---L'homme soupçonné d'être l'auteur de l'agression d'un septuagénaire juif, dimanche, à proximité de la synagogue de Nîmes, a été mis en examen jeudi pour "violence avec arme et à raison de la religion de la victime", a-t-on appris de source judiciaire.
Soupçonné d'être aussi l'auteur d'un tag à caractère antisémite découvert sur la porte de la synagogue, l'homme, âgé de 28 ans, est poursuivi également pour "dégradation du bien d'autrui en raison de la religion".
Il a reconnu les faits et été placé en détention provisoire, a précisé le procureur adjoint de la République de Nîmes, Gildas Pavy, selon lequel les faits de violence ont été commis dans le cadre d'une récidive légale.
Le septuagénaire avait été aspergé de gaz lacrymogène dimanche, près de la synagogue, peu avant un office religieux. La caméra vidéo de la synagogue avait enregistré l'image de trois hommes, soupçonnés d'être les auteurs de l'agression et du tag.
Les caméras de surveillance de la ville avaient ensuite permis de suivre le périple du groupe dans Nîmes, conduisant mardi à l'interpellation d'un des suspects.
Pendant sa garde à vue, ainsi que lors de son défèrement jeudi en début de journée devant le parquet de Nîmes, l'agresseur présumé, déjà condamné dans le passé pour des faits de vol, violence, outrage et rébellion, a nié toute implication dans ces faits.
Mais lors de sa présentation devant le juge d'instruction chargé de cette affaire dans le courant de la matinée, il a fini par en reconnaître l'intégralité, selon M. Pavy et l'avocate du suspect, Khadija Aoudia.
Il a expliqué au magistrat instructeur avoir agi sous l'emprise de l'alcool et sans motivation à caractère raciste ou antisémite.
"C'est un garçon qui a toujours été dans la négation de lui-même mais il a un profond mépris de l'acte ignoble qu'il reconnaît avoir commis", a déclaré à un correspondant de l'AFP Me Aoudia.
"Il considère en outre que la reconnaissance est un processus qui peut lui permettre d'envisager le pardon de la communauté juive ainsi que de sa propre victime", a-t-elle conclu.