OSWIECIM (AFP)---Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a juré mercredi qu'il ne laisserait jamais le Mal s'abattre de nouveau sur le peuple juif, lors des cérémonies du 65e anniversaire de la libération de l'ex-camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau, où 1,1 million de Juifs ont péri.
"En ce lieu, je vous jure, en tant que dirigeant de l'état juif, que nous ne permettrons plus jamais au Mal de faire souffrir notre peuple", a déclaré M. Netanyahou lors d'un discours officiel.
"L'Holocauste n'a pas été l'oeuvre d'animaux sauvages mais de gens sauvages", a-t-il rappelé en référence au concept de la "solution finale" élaboré par l'Allemagne nazie, qui a coûté la vie à six millions de Juifs soit près de la moitié de leur communauté d'avant la Seconde guerre mondiale en Europe.
A la veille de son voyage en Pologne, M. Netanyahu avait mis en garde contre une nouvelle montée de l'antisémitisme et contre des "appels à l'extermination du peuple juif", notamment en provenance d'Iran.
M. Netanyahou a assisté aux commémorations anniversaires sur le site de l'ancien camp Auschwitz-Birkenau, aux côtés des dirigeants polonais, de survivants de ce camp, d'anciens soldats de l'Armée rouge qui les ont libérés il y a 65 ans, et de nombreuses personnalités de différents pays.
Le chef du gouvernement israélien était accompagné de son épouse Sara, dont le père a perdu toute sa famille dans l'Holocauste.
Le grand rabbin de Tel Aviv, Israel Meir Lau né en Pologne et orphelin survivant des camps nazis, récitera le kaddish, la prière juive pour les morts, au cours d’une cérémonie officielle avec les dirigeants polonais.
Le camp fut ouvert en juin 1940 près de la ville d'Oswiecim, renommée Auschwitz par les Allemands, pour y enfermer des prisonniers politiques polonais, dix mois après l'invasion de la Pologne.
Il a ensuite été étendu au site de Birkenau distant de 3 km et consacré à partir de 1942 essentiellement à l'extermination des Juifs d'Europe.
En plus des victimes juives, entre 70.000 et 75.000 Polonais non juifs y sont morts, ainsi que 21.000 Roms, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 10.000 à 15.000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée d'Auschwitz-Birkenau.
Le 27 janvier 1945, des troupes de l'Armée rouge découvrent le camp en progressant vers l'Ouest. Il n'y reste que 7.000 survivants. Les forces allemandes, face à l'avancée soviétique, ont dès le 17 janvier poussé les prisonniers dans une marche forcée vers l'Ouest qui sera appelée Marche de la mort.