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Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères: "On peut envisager la proclamation rapide d'un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières"."Je serai tenté par cela (...). Je ne suis pas sûr d'être suivi, ni même d'avoir raison".
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JERUSALEM/PARIS (AFP-EJP)---Israël a rejeté dimanche l'idée lancée par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, d'une reconnaissance d'un État palestinien rapide, avant la conclusion des négociations sur les frontières, a fait savoir dimanche un responsable israélien.
"Accorder une telle reconnaissance alors que les dossiers du conflit ne sont pas réglés ne ferait que jeter de l'huile sur le feu. Cela ne pourrait que pousser les Palestiniens à se montrer encore plus intransigeants et à rendre ainsi tout compromis impossible", a déclaré ce haut responsable sous le couvert de l'anonymat.
Alors que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est en visite officielle en France, ans une interview au Journal du Dimanche, publiée samedi, Kouchner avait déclaré qu'"on peut envisager" la proclamation et une "reconnaissance immédiate" d'un Etat palestinien.
« La question qui se pose, en ce moment, c'est la construction d'une réalité: la France forme des policiers palestiniens, des entreprises se créent en Cisjordanie... », a-t-il déclaré.
« Ensuite, on peut envisager la proclamation rapide d'un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières », a-t-il ajouté. « Je serai tenté par cela (...). Je ne suis pas sûr d'être suivi, ni même d'avoir raison », a-t-il encore dit.
Le ministre français entend défendre cette position aux côtés de son homologue espagnol Miguel Moratinos dont le pays préside actuellement l’Union européenne.
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| Pour le Premier ministre français François Fillon toutefois, la question des frontières est indissociable de celle de la création d'un Etat palestinien. |
Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a déclaré son intention de donner naissance à un Etat palestinien indépendant et viable «dans les faits et sur le terrain» en 2011, quelle que soit l'avancée des discussions avec Israël.
A Amman, capitale de la Jordanie, où il a achevé une tournée au Proche-Orient, le Premier ministre François Fillon a néanmoins tempéré dimanche les propos de son ministre.
Pour lui, la question des frontières est indissociable de celle de la création d'un Etat palestinien. "Notre but est la création d'un Etat palestinien viable, indépendant, démocratique, vivant en paix aux côtés d'Israël dans des frontières sûres et reconnues sur la base des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies" , a-t-il déclaré.
François Fillon a toutefois estimé que "cette suggestion témoigne de cette volonté qui est la nôtre d'accélérer le processus, de prendre des initiatives qui permettent d'enclencher des négociations qui tardent trop à commencer" .
Le président Abbas doit s'entretenir lundi avec le président Nicolas Sarkozy et François Fillon.