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La banque centrale de Roumanie se défend après des accusations d'antisémitisme
Mis à jour: 08/août/2010 17:40
La banque centrale de Roumanie.
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BUCAREST (AFP)---La Banque centrale de Roumanie (BNR) a défendu sa décision d'émettre une monnaie commémorative à l'effigie d'un ancien patriarche orthodoxe aux vues antisémites, à l'origine de vives critiques de la part du Musée de l'Holocauste de Washington.   

"La BNR a souhaité marquer les 125 ans depuis la création de l'Eglise orthodoxe roumaine en émettant une série de cinq monnaies en argent" portant les effigies des cinq patriarches l'ayant dirigée entre 1925 et 2007, a déclaré le gouverneur Mugur Isarescu lors d'une conférence de presse.   

Parmi ces cinq personnalités figure Miron Cristea, patriarche entre 1925 et 1939 et Premier ministre entre 1938 et 1939. Durant son mandat à la tête du gouvernement, il avait modifié la loi de la citoyenneté, privant de la citoyenneté roumaine quelque 225.000 juifs, soit 37% du total de la population juive du pays.   

"En émettant cette monnaie, nous n'avons aucunement souhaité transmettre un message xénophobe, raciste ou antisémite", a souligné le gouverneur.   

Selon lui, la BNR fait une "distinction claire" entre le patriarche et le Premier ministre Miron Cristea.   

Toutefois, à la suite d'une lettre de protestation du Musée de l'Holocauste, "une commission a été mise en place afin d'analyser la situation et proposer des solutions", a indiqué M. Isarescu.   

"Une décision devrait être annoncée dans quelques jours".   

Un rapport rédigé en 2004 par une commission internationale d'historiens sur l'Holocauste en Roumanie accuse Miron Cristea d'avoir "démonisé les juifs" et prôné leur déportation.   

Selon ce rapport, au total 270.000 juifs roumains et ukrainiens sont morts dans les territoires administrés par Bucarest entre 1940 et 1944, tandis que 25.000 tziganes ont été déportés, dont la moitié ont péri.


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