 |
Le président israélien Shimon Peres (à droite) participe à une cérémonie au monument de l'Holocauste le 12 août 2010 à Bucarest où il a effectué une visite officielle.
Photo: Andrei Pungovschi à Bucarest, AFP Copyright 2010
|
|
|
| Outils |
 |
|
|
|
|
|
BUCAREST (AFP)---Le centre Simon Wiesenthal s'est déclaré "surpris et déçu" vendredi par les propos tenus la veille à Bucarest par le président israélien Shimon Peres qui avait rendu hommage à la Roumanie pour avoir "secouru 400.000 juifs" pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le centre "exprime sa surprise et sa déception concernant les déclarations du président Shimon Peres qui a remercié le gouvernement roumain d'avoir aidé à +secourir 400.000 juifs+ (...), tout en ignorant le rôle central joué par le régime du maréchal roumain Ion Antonescu dans le meurtre en masse de 280.000 à 380.000 juifs roumains et ukrainiens pendant l'Holocauste", selon un communiqué transmis à l'AFP par le centre basé à Jérusalem.
Lors d'une conférence de presse commune avec son homologue roumain Traian Basescu, M. Peres avait déclaré qu'Israël "n'oubliera jamais que pendant les jours les plus sombres de l'histoire de l'Europe sous les nazis, la Roumanie avait sauvé les vies de beaucoup de juifs et que 400.000 d'entre eux sont allés en Israël et sont devenus les bâtisseurs d'Israël".
"Si le président Peres a souhaité souligner un élément positif de l'histoire des juifs de Roumanie, qui a eu un impact bénéfique sur le développement de l'Etat d'Israël, son échec à condamner les crimes horribles du régime Antonescu contre le peuple juif risque d'avoir de lourdes conséquences, notamment en Roumanie et ailleurs en Europe de l'Est, où l'onenregistre une tendance croissante à nier ou minimiser le rôle joué par les collaborateurs locaux des nazis dans l'annihilation des juifs", a ajouté le centre.
La Roumanie avait longtemps nié avoir participé à l'Holocauste, avant de mettre en place en 2003 une commission internationale d'historiens, dirigée par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel et chargée de faire la lumière sur cette période de son histoire.
Selon le rapport rédigé par cette commission, environ 270.000 juifs roumains et ukrainiens sont morts dans les territoires administrés par Bucarest entre 1940 et 1944, tandis que 25.000 roms (tziganes) ont été déportés, dont la moitié a péri.