FRANCFORT (AFP)---L'avenir d'un responsable de la Bundesbank accusé de propos racistes et antisémites était dans la balance mercredi, l'institut pouvant décider son éviction pour boucler une affaire délicate pour son président Axel Weber.
Le directoire de la "Buba" se réunissait, sous la présidence d'Axel Weber, mais "aucun résultat n'(était) à attendre" avant jeudi, selon un porte-parole.
Thilo Sarrazin, membre du directoire de la banque centrale, s'est illustré par ses théories sur un "gène juif" et ses attaques au vitriol contre les immigrés musulmans, qu'il développe dans un pamphlet intitulé "L'Allemagne court à sa perte".
Ses sorties ont été largement dénoncées par des responsables politiques allemands, notamment au sein de son parti social-démocrate (SPD), et par la chancelière conservatrice (CDU) Angela Merkel.
"Cette façon de briser les tabous ne fait pas avancer notre pays", a déclaré mercredi le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, confirmant que l'affaire Sarrazin était à l'ordre du jour de la réunion de la "Buba".
Depuis la présentation de son livre lundi, une librairie a annulé une lecture publique de M. Sarrazin pour raisons de sécurité et un salon de littérature berlinois lui a retiré son invitation.
A la Bundesbank, l'affaire Thilo Sarrazin est particulièremente délicate pour M. Weber, considéré comme l'un des favoris pour la succession à l'automne2011 de Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne.
Seul le président de la République, Christian Wulff, peut renvoyer un membre du directoire de la banque centrale allemande, institution indépendante, après un vote majoritaire de son directoire. S'il faisait appel à lui, M. Weber pourrait faire douter de son indépendance.
"Le renvoi d'un membre du directoire serait inédit dans l'histoire de la Bundesbank", soulignait Thorsten Polleit de Barclays Capital.
Selon le Handelsblatt, M. Sarrazin a été entendu la veille par les dirigeants de la Bundesbank, une étape préalable indispensable.
La Buba avait déjà considérablement réduit les prérogatives de M. Sarrazin après des premiers propos racistes, et a pris lundi ses distances avec ses "déclarations discriminantes"