WASHINGTON (AFP)---L'ancien garde de camp nazi John Demjanjuk est à nouveau expulsable vendredi des Etats-Unis vers l'Allemagne, qui veut le juger, après l'échec de son recours devant la cour d'appel pour l'immigration, a-t-on appris de source judiciaire.
Mardi, l'avocat de cet homme de 89 ans vivant aux Etats-Unis et soupçonné par l'Allemagne d'avoir aidé à l'assassinat de plus de 29.000 Juifs en 1943, avait fait appel de la décision d'un juge fédéral chargé de l'immigration d'autoriser son expulsion.
Mais les juges d'appel ont rejeté sa demande de suspendre l'expulsion "parce qu'ils allaient rejeter la requête (au fond) pour la réouverture du dossier", a expliqué à l'AFP Susan Eastwood, porte-parole de la direction générale du bureau de l'Immigration.
Malgré la coopération des autorités américaines, le feuilleton judiciaire dure depuis un mois dans cette affaire, depuis que Berlin a délivré le 11 mars un mandat d'arrêt à l'encontre de l'octogénaire.
La famille de John Demjanjuk, qui affirme que ce dernier souffre d'une leucémie, a introduit un recours en Allemagne pour que le gouvernement revoie sa demande d'extradition.
"S'il est expulsé vers l'Allemagne, il passera ses derniers jours dans un hôpital allemand, pas dans un tribunal", avait déclaré à l'AFP mercredi John Demjanjuk junior, son fils.
Arrivé aux Etats-Unis avec sa famille dans les années 50, Demjanjuk, d'origine ukrainienne, s'est installé à Cleveland (Ohio, nord). Un juge américain lui a retiré sa nationalité américaine en 2002 et il était sous le coup d'une procédure d'expulsion ordonnée en 2005.
John Demjanjuk est soupçonné "d'avoir été gardien dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne, du 27 mars 1943 à fin septembre 1943 et d'y avoir aidé à l'assassinat d'au moins 29.000 juifs", selon le parquet de Munich.
Condamné à mort en Israël en 1988, il avait été acquitté en raison de doutes sur son identité. "Ils avaient la mauvaise personne en Israël et ils vont avoir la mauvaise personne en Allemagne", a dit son fils à ce propos.
"Personne n'a été à ce jour, et personne ne sera jamais capable de fournir la preuve qu'il a été impliqué dans le meurtre d'une seule personne", a-t-il ajouté.