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Israël dénonce l’’hypocrisie’ et la ‘partialité’ des Européens en faveur des Palestiniens

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JERUSALEM/BRUXELLES (EJP)—Israël a convoqué vendredi les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et d’Espagne, pour dénoncer leur position ‘’partiale’’ en faveur des Palestiniens, un nouvel épisode dans la ‘’querelle’’ entre les deux parties à propos de la construction dans les implantations.

Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a précisé les raisons de la convocation des ambassadeurs des quatre pays.

“La position partiale qu’ils adoptent de manière constante contre Israël et en faveur des Palestiniens est inacceptable et donne le sentiment qu’ils cherchent à faire peser la faute sur Israël”.

Le ministre a demandé à ce que les ambassadeurs soient informés qu'”Israël déploie d’importants efforts pour permettre un dialogue continu avec les Palestiniens.

“Au-delà du fait qu’elles soient partiales, déséquilibrées et déconnectées de la réalité sur le terrain, les positions tenues par ces Etats mettent considérablement en péril les possibilités de parvenir à un quelconque accord entre les deux camps” israélien et palestinien, a ajouté M.Lieberman.

Cette convocation intervient au lendemain d’une mesure diplomatique similaire de l’UE à l’encontre d’Israël pour protester après l’annonce récente de la construction de 1 400 nouveaux logements dans des implantations en Cisjordanie ainsi qu’à Jérusalem-Est.

En France, l’ambassadeur d’Israël, Yossi Gal, avait été reçu mercredi au Quai d’Orsay, le ministère des Affaires étrangères à Paris.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a qualifié les critiques européennes d’hypocrites”. “Quand l’UE a-t-elle convoqué des ambassadeurs palestiniens à propos des appels à la destruction d’Israël ?”, a-t-il demandé, soulignant que les implantations ‘’ne constituent pas un obstacle à la paix.’’

‘’Ce deux poids-deux mesures n’aide pas à la paix, je pense que cela la repousse’’, a-t-il déclaré lors de ses vœux à la presse étrangère à Jérusalem.

La semaine dernière, la chef de la politique étrangère de l’Union Européenne, Catherine Ashton, avait appelé Israël ‘’à mettre fin à toutes les activités de colonisation’’, en rappelant que pour l’UE ‘’les colonies sont illégales au regard du droit international, elles constituent un obstacle à la paix et risquent de rendre impossible la solution à deux États’’.

En décembre dernier, les 28 ministres des affaires étrangères de l’UE avaient unanimement ‘’mis en garde contre toute action susceptible de nuire aux négociations et ont déploré la poursuite de l’expansion des colonies’’.

Les ministres européens avaient aussi affirmé que l’UE offrirait à Israël et aux Palestiniens un train de mesures de soutien politique, économique et de sécurité ‘’sans précédent’’ en cas d’un accord sur le statut final.

‘’Dans le cas d’un accord de paix final, l’Union européenne offrira à Israël et au futur État palestinien un Partenariat spécial privilégié incluant un accès élargi aux marchés européens, un renforcement des liens culturels et scientifiques, la  facilitation du commerce et des investissements ainsi que la promotion des relations entre les entreprises. L’amélioration du dialogue politique et de la coopération dans le domaine de la sécurité font également partie des mesures de soutien que nous proposons aux deux parties’’, avaient indiqué les ministres dans leurs Conclusions du Conseil ‘’Affaires Etrangères’’ sur le Moyen-Orient.

Israël et l’Autorité palestinienne ont repris en juillet dernier les négociations de paix sous l’égide des États-Unis.

La nouvelle querelle avec l’UE sur les implantations se produit alors que la crise avec les Etats-Unis provoquée par la charge du ministre de la Défense Moshé Yaalon contre le secrétaire d’Etat américain John Kerry risque de laisser des traces, selon les commentateurs israéliens.

Le ministre avait déclaré que le chef de la diplomatie américaine, ‘’animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme, ne peut rien m’apprendre sur le conflit avec les Palestiniens’’, dans des conversations privées citées par le quotidien Yediot Aharonot, des propos dont il s’est excusé.

Selon le correspondant militaire du Yediot Aharonot, l’administration américaine a identifié depuis longtemps le ministre de la Défense comme un des obstacles aux efforts de M. Kerry, qui avait relancé les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens fin juillet pour une durée de neuf mois.

‘’Si la mission de Kerry échoue, les déclarations de Yaalon serviront de preuve au secrétaire d’Etat qu’Israël ne prenait pas au sérieux le processus de paix et l’a fait dérailler’’, écrit-il.

Durant sa dernière navette au Proche-Orient, qui s’est achevée le 6 janvier, M. Kerry a présenté aux deux parties un projet d’’’accord-cadre’’ traçant les grandes lignes d’un règlement définitif sur les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens.

 

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